La Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales (BDESE) est un outil essentiel que les entreprises de 50 salariés et plus doivent mettre à disposition des représentants du personnel ou du Comité Économique et Social (CSE). Cette base de données, imposée par la législation, permet de centraliser les informations stratégiques pour faciliter le dialogue social.
Découvrez ici les éléments clés de la BDESE, son objectif, ses bénéficiaires, et les obligations des entreprises pour s’y conformer.
La BDESE est un dispositif obligatoire dans les entreprises comptant 50 salariés ou plus. Elle centralise des informations économiques, sociales et environnementales afin de donner aux représentants du personnel une vue d’ensemble sur la situation de l’entreprise. Elle regroupe les données relatives à l’orientation économique et aux enjeux environnementaux de l’entreprise. La BDESE est régie par les articles L. 2312-18, L. 2312-36 et L. 2312-21 du Code du travail, et ses obligations sont modifiables via un accord d’entreprise.
Avant la BDESE, il existait la Base de Données Unique (BDU), mise en place par l’Accord National Interprofessionnel (ANI) de 2013. Bien que la BDESE conserve la mission de la BDU, elle intègre des éléments environnementaux supplémentaires depuis la loi "Climat et Résilience" de 2021, renforçant ainsi son rôle d’outil stratégique pour le développement durable. Par exemple, les entreprises doivent inclure des indicateurs sur les écarts de rémunération entre hommes et femmes, en plus des informations économiques et sociales classiques.
La BDESE sert principalement à améliorer le dialogue social au sein des entreprises. En regroupant les données clés sur les activités de l’entreprise, elle offre aux représentants du personnel une vision globale de sa performance et de ses stratégies futures. En fournissant une transparence accrue, elle renforce la confiance des salariés et du CSE dans l’entreprise. Le dispositif vise aussi à sécuriser les données sensibles : en format numérique, la BDESE garantit une sécurité accrue pour les informations confidentielles.
Pour être conforme à la réglementation, la BDESE doit être accessible en permanence aux membres du CSE. De plus, elle doit être mise à jour avant les trois principales consultations annuelles du CSE. Dans les entreprises de plus de 300 salariés, certaines informations spécifiques doivent être actualisées tous les trimestres. La BDESE doit inclure les données des deux années précédant sa création, de l’année en cours et des trois années suivantes.
Toutes les entreprises de 50 salariés et plus doivent se doter d’une BDESE. À partir de 300 salariés, le format numérique est obligatoire, tandis que les entreprises de 50 à 299 salariés ont le choix entre le papier et le numérique. La BDESE doit être élaborée au niveau de l’entreprise dans son ensemble, sans distinction entre les établissements.
La BDESE doit contenir plusieurs catégories d’informations. Ces données varient selon la taille de l’entreprise mais incluent généralement :
L’employeur est responsable de la création et de la mise à jour de la BDESE. En l’absence d’accord d’entreprise fixant des modalités spécifiques, la BDESE doit être accessible en permanence aux représentants du personnel et au CSE, y compris aux délégués syndicaux et au comité d’établissement. Le choix du format numérique permet de sécuriser les informations et facilite l’accès pour les personnes autorisées.
En cas de manquement à cette obligation, l’entreprise peut être accusée de délit d’entrave au bon fonctionnement du CSE, passible d’une amende de 7 500 euros. L’absence de mise à jour ou des données incomplètes peut aussi entraîner des astreintes journalières jusqu’à 5 000 euros. De plus, le blocage des consultations du CSE peut compromettre la validité des avis requis pour certaines décisions stratégiques.
En plus de répondre à une obligation légale, la mise en place de la BDESE présente plusieurs avantages pour l’entreprise.
Elle :
Pour conclure, la BDESE est un outil indispensable pour les entreprises de plus de 50 salariés, favorisant un environnement de transparence et de dialogue. En plus de permettre aux représentants du personnel de mieux comprendre les stratégies de l’entreprise, elle renforce la confiance et la collaboration entre les différentes parties. Elle devient ainsi un élément central de la gouvernance sociale, économique et environnementale.